Welcome

« And now, ladies and gentlemen, please welcome the president elected, Joseph Robinette Biden Junior! »

Et Lady Gaga entama le Star-Spangled Banner.

Assistance clairsemée, place du Capitole vide, peuplée de 200 000 drapeaux étoilés bousculés par le vent, dans Washington en état de siège, occupée par 25 000 gardes nationaux. Froid, silence et neige. Covid et peur de nouveaux troubles. Le décor était parfait : les capitons de velours cramoisi de l’entrée des artistes, les trompettes de Westpoint, les uniformes clinquants et dorés d’une production hollywoodienne. Hymnes et couleurs, ambiance opérette, mais grosse production. L’ombre de Lincoln. Mister Smith enthousiaste. Mais l’ambiance y était-elle vraiment ? Il n’y aura pas ce soir de grande parade barnumesque. « The Patriot » a des fourmis dans son Amérique, et les pères fondateurs ronchonnent.

Le révérend Leo Donovan parle d’amour. Kamala Harris, symbole dans tous les compartiments du jeu prie « Dieu de lui venir en aide ». Le Président enfin « inauguré », après avoir prêté serment, en appelle comme on s’y attendait, dans son premier discours, à « l’union d’une nation indivisible » pour ce grand pays naïf et superbe, patriote, sûr et fier de lui mais aujourd’hui déchiré. « Réparer, guérir, construire, gagner », « j’y mettrai toute mon âme ». Once again, tout est possible. C’est ça l’Amérique !

Gouvernance et démocratie reviennent comme un leitmotiv dans sa bouche. « Le gouvernement existe par et pour le peuple. » « Le gouvernement, la démocratie, la constitution (une jeunette qui fête quand même cette année ses 244 ans, merci Alexis de Tocqueville) sont fragiles, mais résilients. » « Liberté et vérité… »

Un bonne occasion pour se pencher sur cette idée de démocratie, que nous mettons trop souvent à toutes les sauces et qui, par les temps qui courent, se trouve brinquebalée partout dans le monde au gré des aspirations locales. Pour Dominique Schnapper « les sociétés “démocrates” s’organisent par la volonté collective des êtres humains de vivre ensemble en respectant des règles communes ». Pour Marc Sangnier, il s’agit de « développer au maximum la conscience et la responsabilité de chacun, dans la mesure de ses capacités et de ses forces, en lui permettant de prendre une part effective à la direction des affaires communes ». Le Larousse définit un « système politique dans lequel la souveraineté émane du peuple, où l’on tient compte des avis de ceux qui ont à exécuter les tâches commandées… », et pour Wikipédia, « tous les citoyens y participent aux décisions politiques, au moins par le vote ». Ne l’oublions pas !

Dans notre belle France, un poil nostalgique de dix siècles de monarchie et toujours tentée par un jacobinisme frustrant, mûrissons ces définitions. Que les gros méchants variants nous incitent à un peu plus d’union, de responsabilité et de dignité pour affronter à nouveau une longue séquence préélectorale qui bruisse déjà de quelques mauvais coups.

Welcome, Joe Biden. Ça va pas être facile pour vous non plus. Good luck!

Mais où est passé Donald Trump ? Privé de twitter, il cultive sans doute ses birdies.

Je vous embrousse très fort.

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