Robert Schuman 

Le 9 mai 1950, l’abeille et le professeur Cyclone, le 9 mai 2020

 

Du 9 mai 1950 au 9 mai de la fête de l’Europe.
Le 9 mai 1950, Robert Schuman, ministre des Affaires étrangères français, prononce dans le salon de l’horloge du Quai d’Orsay le discours fondateur de la construction européenne. Il ne cible, ce jour-là, que la France et l’Allemagne, rien d’autre que le charbon et l’acier, mais son texte aboutit à la signature, le 18 avril 1951, au traité de Paris qui soude la CECA (Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier) entre six États d’Europe. Cette CECA, qui est la première des institutions européennes, donnera naissance à l’Union Européenne. Un extrait du discours de Robert Schuman : « Ainsi sera réalisée simplement et rapidement la fusion d’intérêts indispensable à l’établissement d’une communauté économique qui introduit le ferment d’une communauté plus large et plus profonde entre des pays longtemps opposés par des divisions sanglantes. » C’est cette déclaration visionnaire que nous célébrons chaque année le 9 mai.

 

L’abeille du 9 mai 2020.
Accalmie côté virus. Sur mes 24 heures de garde au SMUR (de 8 h 00 le 8 mai à 8 h 00 le 9 mai) je suis intervenu plusieurs fois pour des douleurs thoraciques et une fois pour une piqûre d’abeille… Et j’ai passé la nuit avec une hémorragie digestive. Bon, allez, je veux bien dire un mot sur l’apiculteur allergique aux piqûres d’hyménoptères.
Urticaire généralisé, rouge gonflé partout, mais on arrive avant qu’il soit très gêné pour respirer. Pas inquiet du tout, le type, parce qu’habitué à s’en sortir, abonné à passer pas loin sans le savoir. Pierre Richard descendant de l’avion dans La chèvre, enflé, granuleux et rouge phosphorescent mais jovial, parlant gaiement avec sa voix rauque. Et tout comme François Pignon, rien qu’une piqûre, rien qu’une seule abeille. Un bouton sur le cou, petite tache blanche et froide de 4 mm sur fond incendie.
Pendant que l’infirmière, l’interne et l’ambulancier s’occupent de la routine, adrénaline, corticoïdes, antihistaminiques, les pompiers lui tiennent les jambes en l’air parce qu’il a une petite tension. Pendant ce temps, moi, j’ai besoin d’un truc dans ces cas-là, et là, je suis inquiet.
Je suis inquiet parce que le type a une perruque en peau de fesse. Parce que ses trois enfants sont des garçons et qu’ils sont tondus. L’un a le crâne rasé modèle papier de verre, presque aussi chauve que le père, les deux autres ont des cheveux, mais fins, en brosse et coupés court. Je n’ose pas poser ma question « direct », alors je commence par sonder prudemment le terrain avec mon détecteur anti-mine. « Votre maman est là ? Vous avez une frangine ? » De la tête et des épaules, ils chuchotent, non. C’est clair. Pas de cheveux longs dans la maison. Quand je leur demande s’ils ont un sèche-cheveux, ils se tapent sur les cuisses en s’encourageant du regard et se tordent de rire : « Non mais tu nous a vus ? » Je pige, mais j’ai vraiment besoin d’un sèche-cheveux. Je confie la mission à un pompier. Il n’a pas besoin de visiter tout le village.
Il revient vite avec ma commande, branche l’appareil sur la prise 220 de son camion et écoute mes instructions : « Faut que ça chauffe, sans faire mal, 45 secondes, ici, sur le point blanc. Ça tue la toxine, radical. Ça marche aussi avec les guêpes et les méduses. »
10 minutes après, l’apiculteur allergique aux abeilles, assis, veut nous vendre son miel…

 

Le bateau Europe aujourd’hui, 9 mai 2020.

(Avertissement : bien qu’étayé par 5 références scientifiques citées en fin de page, l’exposé qui suit a été rédigé par un sujet surexposé psychiquement au CoVid19.)

Un bateau de croisière fait un périple autour de la méditerranée avec à son bord 1000 passagers, dont 600 vacanciers et 400 membres d’équipage. Jusque-là, vous me suivez. Il fait sa première escale dans la rade de Brest. C’est possible, non ? Bien. Les croisiéristes restent à bord, personne ne veut visiter ce port, c’est logique, vous êtes d’accord. Certains marins descendent pour boire dans les bars et, en bonus, ils choppent le virus avant de remonter à bord. L’équipage, qui vit serré dans des petits espaces (1), se contamine à grande vitesse et transmet la maladie aux croisiéristes en les regardant dans les yeux (1). Attendez la suite… Les croisiéristes vivent dans des suites (1) mais se croisent sans virgule dans les couloirs au bar dans le restaurant (1), ils se recroisent sur les ponts sur les entreponts et entre ponts et entreponts (1) virgule, bref, les croisiéristes se croisent et s’inoculent, partout, c’est une véritable partouze pour les virus qui passent par tous les trous (2). Vous me suivez toujours ?

Les malades s’ajoutent et se multiplient aux porteurs sains sans distinction, d’autant qu’on repère, parmi les contaminés en égales proportions (3), des malades qui s’ignorent (3), des malades typiques et des atypiques (1) (3) (4). Les paranoïaques sont classés en malades atypiques (2) quand ils ont le virus, virgule, sinon ils sont inclassables (essaie, tu verras, il manque une case). Les sujets qui ne sentent rien doivent être considérés comme des malades typiques (4), alors qu’ils étaient auparavant pris soit pour des sains soit pour des malades qui s’ignorent (sans distinction). Contrairement à ce que pourrait faire croire le terme par lequel on les désigne, les malades qui s’ignorent se croisent entre eux et avec les autres bien plus que les autres malades, puisque leur ignorance porte sur le virus qu’ils portent. J’ai du mal à me suivre.

Pour savoir comment se termine cette croisière, il faut attendre. A l’heure où j’écris ces lignes, on estime mal le taux de contamination, le paquebot n’a ni cap ni capitaine (5). Une tempête est passée, on ne sait pas si elle est vraiment partie ou si le navire est dans l’œil du cyclone. A suivre…

 

Références Bibliographiques
(1) Une étude italienne portant sur un bâtiment navigant en haute mer l’a scientifiquement prouvé.
(2) Une publication irlandaise associant une revue de littérature et un cas clinique démontre, d’une part qu’il existe un nombre considérable de modes de contamination possibles, et d’autre part que la maladie peut se manifester par un accès aigu de paranoïa. (Vous devriez vous laver les mains plus souvent et vous méfier du regard des autres.)
(3) Une étude bolognaise (Italie) évalue les asymptomatiques à 33% des sujets porteurs (aucun lien statistique avec le degré de cuisson des pâtes ou la composition des sauces).
(4) Une étude londonienne (Grande-Bretagne) a rattaché l’anosmie et l’agueusie soudaines à la maladie (idem dans d’autres pays, l’absence de goût n’est pas plus fréquent outre-manche).
(5) Une étude de Stuttgart (Allemagne) portant sur les tests et sur l’imagerie fait état de la grande difficulté pour s’y retrouver (ils le disent mieux, mais ça veut dire ça).

N.B. Aucune étude publiée à ce jour n’a pu prouver que les syndromes psychiatriques aigus dus au confinement étaient plus graves que ceux que présentent les médecins urgentistes en hyperactivité, bien au contraire.

 

0 réponses

Répondre

Participez-vous à la discussion?
N'hésitez pas à contribuer!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.