#travail
par Jean Brousse

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Ça travaille

Hêtres et frênes roussoient. Leurs feuilles fragiles, ocre et rouges, restent timidement accrochées aux branches des arbres, à la merci du premier coup vent soudain. Elles ne laisseront bientôt que de fringants squelettes accompagnant l’hiver promis aux longues soirées au coin du feu. Dans les villes où les chalets de Noël s’installent, les banderoles de « leds » froides de trop de bleu blafard préparent des fêtes improbables une fois encore soumises à des prescriptions sanitaires imprécises. Un soleil rasant réchauffe à peine la campagne. Les lumières d’un automne finissant encouragent les chalands. Il semble que l’actualité hiberne et pourtant…

La guerre du poisson, sourde et discrète, sur fond de Brexit mal assumé, enflamme le peuple de la mer. Aurons-nous sous le sapin notre lot de coquilles ? BoJohnelson tient bon et nos gouvernants hésitent à riposter. La présidence à venir de l’Union Européenne par Macroléon ne devrait pas s’emmêler, dès son inauguration, dans de tels filets. Aux frontières de l’Europe, des migrants, malheureux otages, restent ballotés aux jeux diplomatiques d’un dictateur sous contrôle d’un Tsar contemporain soucieux de préserver son job, son pouvoir et ses munitions. Pendant ce temps, Joe Biden menace de boycotter les prochains jeux olympiques de Pékin. Le monde n’est décidément pas un long fleuve tranquille.

La déclaration pour le moins « mesurée » des participants à la COP26 n’a rassuré personne. La Chine construit toujours à tout va des centrales au charbon, quand un steak frites vaut douze bouleaux. Le carbone obsède. La COP27 se tiendra sur Mars. La vie durable imposerait que nous ne prenions qu’une douche tous les deux jours, que nous évitions trop de sport et que nous ne bougions plus beaucoup. Y sommes-nous prêts ? La planète, elle, s’en sortira, faisant fi des lubies et des aspirations de ses habitants.

Les écolos y pensent, mais pendant cette période pré-électorale inédite, le candidat Yannick Jadot reste muet, sans doute trop empêtré à trouver un consensus supportable avec son ex-concurrente, la passionara Sandrine Rousseau, promue conseillère politique. L’élastique est évidemment trop tendu pour inventer un compromis acceptable !

Pas grave ! Pendant ce temps, les candidats aux suffrages des adhérents républicains nous offrent, de chaînes en chaînes de télévision en continu, un étrange et cocasse ballet où, d’entrechats en cabrioles, ils s’efforcent de convaincre de leur sincère complémentarité tout en ne se privant d’aucuns sérieux crocs en jambes, en toute amitié, bien sûr. Tous gaullistes ! Ils le promettent, ils soutiendront tous celui qui gagnera. Quelques millions de téléspectateurs qui ne voteront pas restent scotchés devant leurs écrans. À voir. Le nombre des inscrits au prochain congrès progresse. Chaque candidat encourage les siens à prendre leur carte. Voilà une nouvelle manière de « bourrer les urnes » et de jouer avec les procédures de vote.

Les sondages, au grand dam de leurs promoteurs, ne bougent pas, intervalles de confiance – est-elle au rendez-vous ? – compris. Monsieur Z plafonne, voire perd quelques points. Aurait-il atteint son propre « plafond de verre ». Il ne suffit pas de zemouriser à tort et à travers. Il semble moins bienvenu dans ses tentatives de promotion littéraire aux frontières… La route est bien longue, l’avait-il anticipé ?

En cette période tristounette et atone, les chroniqueurs professionnels se replient fissa vers la bienvenue – pour eux seuls – recrudescence de l’épidémie. Où en sommes-nous de la saison 3 ? La cinquième vague sauvera-t-elle l’audience ? Faut-il vacciner les 5 à 12 ans ? Comment convaincre les 11% résistants, faut-il les confiner ? Faut-il imposer la troisième dose ? Les infectiologues retrouvent du poil de la bête et leur siège dans les « talk-shows » thérapeutiques. Le professeur Jérôme Salomon d’antan nous manque cruellement !

Avec une belle assurance, le Président préside et se réjouit de la reprise. Il commémore : 11 novembre, 13 novembre. Good luck ! Nous sommes au travail. Le travail, cette « nouvelle » valeur que – presque – tout le monde s’arrache !

Je vous embrousse très fort,

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