Tozinaméran

Vaccin covid-19 à ARN messager (Comirnaty° des firmes Pfizer et BioNTech) et personnes âgées : quelques données, beaucoup d’incertitudes.

Certains l’auront compris, d’autres non. Je n’appartiens pas à la catégorie des anti-vaccins et je m’en voudrais que mes propos soient récupérés pour alimenter des thèses complotistes. Je suis médecin et à ce titre, je me pose de légitimes questions à propos du vaccin contre le covid-19. Ma démarche s’apparente à celle de tout praticien qui recherche une argumentation pertinente et qui nuance ses doutes. J’attache une grande importance à ne pas dissocier le fond et la forme. Les décisions de nos gouvernants notamment dans la mise en œuvre des protocoles de vaccinations portent à interrogations. Force est de constater que, dans cette démarche, d’aucuns s’emploient à ouvrir le parapluie.

En France, la campagne de vaccination contre l’épidémie de covid-19 a été lancée à petits pas. Rien ne sert de courir, il faut partir à point. La comparaison avec les autres pays européens est illustrée dans les médias par Le lièvre et la tortue, la célèbre fable de Jean de La Fontaine. Certains appellent l’exécutif à accélérer la cadence. Au cours d’une conférence de presse, le mardi 29 décembre, face aux critiques devant la lenteur de la campagne de vaccination qui a débuté en France depuis deux jours, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a dit assumer le rythme des injections et l’écart avec d’autres pays. « On n’est pas parti pour un 100 mètres, mais pour un marathon », a-t-il martelé, alors qu’un rebond épidémique dans l’est de la France suscite l’inquiétude des instances sanitaires.

Les autorités ont donc choisi de proposer le vaccin covid-19 à ARN messager des firmes Pfizer et BioNTech d’abord aux personnes âgées résidant dans des Ehpad et à certains professionnels de santé qui y travaillent. La revue médicale indépendante Prescrire traite de l’actualité des maladies, des médicaments et des technologies médicales. Elle constitue une aide pour tout médecin qui cherche à se libérer de l’emprise des laboratoires pharmaceutiques et de leurs techniques de marketing basées sur le mercantilisme ; elle apporte des informations utiles et fiables.

Fin 2020, que retenir des principales données d’évaluation clinique de ce vaccin chez les personnes concernées par cette première phase de la campagne française de vaccination ?
« En pratique, beaucoup d’incertitudes demeurent, comme avec tout nouveau médicament. Quelques éléments issus du principal essai clinique ayant évalué le vaccin covid-19 Tozinaméran sont des repères utiles pour aider les premières personnes visées par la vaccination, dans l’attente d’une analyse approfondie :
L’essai principal a inclus environ 40 000 personnes âgées de 16 ans et plus. Parmi les personnes incluses, environ 20 % avaient plus de 65 ans, et 46 % avaient un voire plusieurs facteurs de risque de covid-19 grave autre que l’âge.
Cet essai montre une efficacité élevée de ce vaccin pour prévenir à court terme la maladie covid-19, avec une durée de cette protection non connue.
Cet essai n’a pas été conçu pour évaluer l’efficacité chez les personnes âgées de 75 ans et plus (moins de 2 000 personnes), mais en tenant compte de l’ensemble des données de l’essai, une certaine efficacité d’ampleur inconnue est vraisemblable.
Les effets indésirables connus du vaccin sont surtout des réactions locales et systémiques très fréquentes, parfois intenses, et de rares réactions anaphylactiques. Il n’a pas été mis en évidence de signal particulier, mais il subsiste encore de nombreuses inconnues inhérentes au faible recul d’utilisation, comme avec n’importe quel autre nouveau médicament, vaccin ou autre, en particulier chez les personnes âgées de plus de 75 ans. »

Ces informations non superflues font état de nombreuses incertitudes ; ne serait-il pas opportun de les porter à la connaissance des personnes concernées par la vaccination en leur laissant le temps de la réflexion avant qu’elles ne prennent une décision, dans un sens ou dans un autre ? Certes, chacun est plus que lassé, et c’est un euphémisme, par l’évolution sans fin de cette pandémie. Les vagues successives et ses conséquences psychologiques, économiques et sociales altèrent le moral des plus optimistes. Les séquences de confinement-déconfinement-reconfinement-couvre-feu (qui ne sont que des demi-confinements déguisés) augmentent la fréquence des syndromes dépressifs et accentuent leur sévérité. Alors que les citoyens réclament plus de transparence, les pouvoirs publics s’enfoncent plus encore dans leur opacité au travers d’une communication délétère. Après la gestion calamiteuse des masques et des tests, l’exécutif multiplie les atermoiements précautionneux et réussit à transformer une simple campagne de vaccination en une véritable « usine à gaz ». Il alimente ainsi une défiance vis-à-vis du vaccin qui était déjà conséquente et qui s’en trouve exacerbée. Le ras-le-bol s’intensifie et la colère gronde.

Dans ce contexte, le vaccin apparaît aux yeux de la plupart comme « la » solution pour sortir de ce marasme. « Un homme qui se noie cherche à s’agripper même à une paille de riz. » La déontologie médicale obligerait-elle les médecins à se soumettre sans réfléchir aux directives des autorités sanitaires au risque de déroger à ce qui devrait constituer leur principale préoccupation ? Celle d’offrir à leurs patients écoute bienveillante et conseils éclairés. Animé de sagesse hippocratique, il me paraît légitime, contre vent et marée, de rappeler cet adage : « Primum non nocere ! »*

I’m a poor lonesome doctor…

 

* D’abord, ne pas nuire !

0 réponses

Répondre

Rejoindre la discussion?
N'hésitez pas à contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.