Restaurer l’initiative des territoires

Le « nouveau chemin » voulu par le président de la République passerait donc par la consécration des territoires. Le Premier ministre, par ailleurs élu rural (à Prades, sous-préfecture des Pyrénées orientales, 6000 habitants), en a fait la démonstration lors de sa déclaration de politique générale (le 15 juillet) …

Suffit-il d’afficher un bel accent chantant et rocailleux, voire radical-socialiste, au parfum de terroir pour convaincre de la prééminence concrète du territoire, même s’il octroie spontanément à son porteur une cote de popularité de 56% ? Avec une promesse de 100 milliards à la clé, mazette, quand on en cherchait désespérément 10 il y a dix-huit mois après la crise des gilets jaunes !

Territoire, décrit à l’origine par la géographie, confondu depuis toujours avec région, province ou comté, synonyme d’espace dont la constance se repère à ses limites ou ses frontières, physiques ou quasi-virtuelles). Le géographe Claude Raffestin donne en 1980 du territoire une vision politique et humaine, l’espace d’existence d’un homme, d’un être ou d’un groupe, et lui confère alors un fort statut symbolique, du parc naturel aux territoires perdus de la République, des « petites cités de caractères » aux communautés d’agglomérations.

« La France, ça n’est pas que 13 métropoles ! », s’insurge Erik Orsenna .

« Territoires, la campagne ? Un fantasme pour les néo ruraux, une source de malentendus et de conflits, estime le sociologue Jean Viard. Mais alors, comment réconcilier monde urbain et monde rural ? En cessant de ne considérer que le premier et en menant une “vraie politique” à l’égard du second… Il y a urgence. Le monde rural et périurbain commence à “crier” son oubli. »

Entre le Petibonum d’Astérix et le Grand-Paris d’on ne sait qui, il y a des campagnes, des marches et des limagnes, il y a des villes moyennes ou grandes et des petites sous-préfectures, des lotissements et des banlieues, des zones industrielles ou commerciales, des tours et des pavillons, autant de territoires qu’on ne saurait réconcilier sans en reconnaître leur spécificité et leur capacité, dans le respect des règles de la République, de s’emparer des leviers de leur propre destin.

Je vous embrousse.

 

(Lire l’excellent dossier paru dans le N°1 – octobre 2020 – T la revue – La Tribune)

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