#responsabilité
par Jean Brousse

J – 6

La grogne de la société grimpe à mesure que la fièvre de nos semblables fléchit. Les courbes piquent du nez. Les lits de réanimation se libèrent. Le Professeur Salomon lui-même sèche un rendez-vous avec ses fans télé confinés. On ne fait plus trop le point angoissant sur l’avancement de la recherche, la chloroquine, les essais cliniques et les espoirs de vaccin. Rien ne va plus ! Le gouvernement joue à cache-cache avec les médias, et « je te tiens par la barbichette » avec les confinés rouge et vert. Suspens !

Le Sénat vote contre le plan présenté par Edouard Philippe, plus, de son propre aveu, pour lui signifier sa défiance que sur les mesures elles-mêmes. Les vieux démons sont prêts à bondir hors de leur tanière. La fragile unité nationale se fissure, et chacun se prépare à enfiler les starting-blocks sans vraiment savoir pour quel combat. Haro sur ceux qui sont aux manettes.

Certains maires renâclent. Ils ne pourront pas – disent-ils – ouvrir les écoles en huit jours en respectant les propositions émises par le ministre de l’Education nationale. Ils ont eu pourtant plusieurs semaines, et le document ne fait que quelques cinquantaines de pages. Messieurs, pourquoi les urnes vous ont-elles désignés ? Pourquoi faites-vous partie des élus préférés des Français ? Qu’attendent de vous vos concitoyens ? Vous aspiriez hier à plus de liberté et de responsabilité, eh bien, exercez-les, maintenant ! Le Président vous apporte sur un plateau de vermeil le pouvoir que vous convoitiez, peut-être parfois sans mesurer la charge qui allait vous incomber. Saisissez-vous de ce pouvoir, et montrez-vous en dignes. Emparez-vous de cette chance unique de mettre en œuvre la vraie décentralisation, celle de la responsabilité et de la décision, nécessaire et que vous appeliez de vos vœux. Alors, le Président et l’Etat devront vous laisser les rênes longues, et, plutôt qu’ils ne s’appuient sur vous, devront rester à votre écoute si vous en manifestez le besoin. Les électeurs apprécieront.

Certains enseignants découvrent eux aussi que c’est impossible ! Remember Napoléon. Les cheminots de la SNCF et les agents de la RATP sont comme « des poules devant un couteau » devant les contraintes auxquelles ils font face. Ils les connaissaient, évidemment. Ont-ils démissionné de leur capacité d’initiative et d’invention ? Eux qui souhaitaient, comme tant d’autres, la levée de ce confinement et qui se révoltent aujourd’hui de la fermeture prolongée des plages sur le littoral. Eux qui devraient porter fièrement – et qui s’en réclament – la bannière glorieuse du service public.

On menace du droit de retrait ! Les infirmières et tout le personnel soignant, les médecins l’ont il agité ? Eux qui, en quelques jours, partout, ont inventé des lits qui n’existaient pas, ont accueilli aux urgences plus de patients qu’ils n’en ont jamais attendus, ont administré en conscience des traitements auxquels il n’était pas préparés, ont bricolé des masques et des blouses, puisque les stocks avaient fondu… Les caissières, les éboueurs, les postiers l’ont il agité ?

Nous n’applaudirons pas forcément tout le monde, ce soir, les soirs à venir, au rendez-vous de 20 heures.

Je vous embrousse.

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