Il pleut sur la ville

Averses modestes sur fond gris de ciel bleu d’avril. Mais il pleut. Comme si, à l’annonce de la fin de la réclusion générale, il fallait nous offrir une resucée de ces giboulées de fin mars dont nous avons été injustement privés, condamnés à prendre un soleil malicieux sur les rebords de nos fenêtres.Les queues fuyant l’ondée raccourcissent devant les supérettes quand le boulevard retrouve un semblant de circulation. Pas comme un vendredi soir à 18h, bien sûr, mais assez pour penser à repérer la couleur du feu pour éviter de se faire bousculer. Réflexe délicieusement oublié pendant quelques semaines de grand vide. Certains automobilistes ont des fourmis dans l’accélérateur et se veulent déjà le 11 mai.

Le gouvernement l’avait-il prévu ? Organise-t-il une répétition générale ? Devait-il autoriser la pluie ? Ça sent la libération, ça sent le retour de la fébrilité, ça sent l’urgence, la course, la bousculade et le bruit.

D’ailleurs, les commentateurs de l’après ont grandement remplacé les analystes du pendant. BFM fait un virage sur l’aile et patine. Le Premier ministre, avec les règle du jeu qu’il nous a promises, est attendu comme le Messie… Mais déjà contesté, on pouvait s’y attendre. La méthode qu’il n’a pas décrite est déjà critiquée. Vive la France.

Faut-il déconfiner ? Interrogent les anciens contempteurs du dit confinement ? N’y a-t-il aucun risque ? C’est mieux en Suède, c’est mieux en Allemagne, d’ailleurs on n’en parle pas. Les feux de l’amour et Amour, gloire et beauté survivront-ils ? On n’a pas les tests. Le professeur Salomon peut-il rester encore un peu ?

Les titres de la presse sont éloquents : « Pas à pas vers le 11 mai », « Il faudra être prêt », « Comment en sortir », « ce qu’on sait (ou pas) », « Une reprise à hauts risques », « Le retour au travail », « Écoles : le défi », « Rentrée impossible », « Culture : les oubliés », « Le plan tant attendu », « La bureaucratie freine », « Tous tracés », « Haut les masques », « Les maires suspendus aux lèvres d’Édouard Philippe »…

Monsieur le Premier ministre, les questions pleuvent aussi, vous avez deux heures pour répondre.

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