#pâques
par Jean Brousse

« Joyeuses Pâques ! »

Lundi 13 avril 2020. Pâques un peu gâchées, hier, par un mauvais orage. Mais les enfants auront pu dévaster les canapés, les chambres et les bibliothèques de leurs parents en s’adonnant exceptionnellement à domicile à la chasse aux œufs. Et le Pape François, seul dans la basilique Saint Pierre, aura su appeler à la paix et à l’annulation des dettes des pays en grande souffrance. Puisse-t-il être entendu. Il faisait frais, ce matin, sur les boulevards désertés. Pas un marchand de tabac, pas un marchand de journaux.

La France attend le verdict : ce soir, le Président révélera à quelle sauce nous serons à nouveau confinés. On nous dit que le « chef de guerre » aurait compris que les français ressentaient un grand besoin de protection paternelle. Je ne me vois pas tout de suite l’appeler Papa. N’est pas Churchill qui veut. Les chaines d’info en continu, informées par « un proche », s’aventurent en conjectures. Ils ont tous vu l’homme qui a vu l’homme, et remuglent toutes les hypothèses. À 19h00, Ruth Elkrief fait semblant de tenter de savoir. Alain Duhamel décline quelques banalités. Ils auront ce soir tous eu raison.

20h02 piles, que nous ayons le temps de sacrifier au rite nouveau des applaudissements. Il a très bien parlé ! Nous étions 37 millions. Nous avons tous retenu une date : « 11 mai ». Punis les écoliers, qui devront repartir à l’école, et les vieux, que l’on enferme pour les protéger. On n’est pas près d’aller boire un coup au bistro du coin, ou à la buvette de la fête du village. Pas de bal du 14 juillet en vue. Clair et presque précis – le pourrait-il ? –, toujours très ferme sur les mesures sanitaires, des gestes barrière aux masques, aux traitements et vaccins à venir, aux tests.

Mais surtout, le flamboyant réformateur déclare avec conscience :
« Il est de notre responsabilité de bâtir dès aujourd’hui des solidarités et des coopérations nouvelles… Une indépendance agricole, sanitaire, industrielle et technologique française et plus d’autonomie stratégique pour notre Europe… Un plan massif pour notre santé, notre recherche, nos aînés… »
« Il nous faudra nous rappeler aussi que notre pays, aujourd’hui, tient tout entier sur des femmes et des hommes que nos économies reconnaissent et rémunèrent si mal… »
« Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. Ces mots, les Français les ont écrits il y a plus de 200 ans. Nous devons aujourd’hui reprendre le flambeau et donner toute sa force à ce principe… »
« Il nous faudra bâtir une stratégie où nous retrouverons le temps long, la possibilité de planifier, la sobriété carbone, la prévention, la résilience qui seules peuvent permettre de faire face aux crises à venir… »
« Nous sommes vulnérables, nous l’avions sans doute oublié. Ne cherchons pas tout de suite à y trouver la confirmation de ce en quoi nous avions toujours cru. Non. Sachons, dans ce moment, sortir des sentiers battus, des idéologies, nous réinventer – et moi le premier. »

Chiche !

Je vous embrousse.

0 réponses

Répondre

Participez-vous à la discussion?
N'hésitez pas à contribuer!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.