Apres la “loi anti-Amazon“, il y aura deux sphères dans le monde de l’édition : les maisons d’édition qui pourront s’allier avec Amazon et qui soutiendront le mastodonte de la livraison, et celles qui ne pourront / voudront pas accepter de travailler avec la société de Seattle.


Le grand méchant loup souffle sur les maisons d’édition traditionnelles

Le grand méchant loup Amazon souffle sur les maisons d'édition

Le grand méchant loup Amazon souffle sur les maisons d’édition

Selon un récent article publié sur le magazine Harper’s, évoquant la biographie de Jeff Bezos par le journaliste Brad Stone, le géant perturbateur de l’industrie du livre se trouve à nouveau présenté comme le grand méchant loup sous-estimé par ses rivaux de l’édition. L’ancien employé de la firme, James Marcus, estime que si l’auteur de The Everything Store s’est fendu d’un travail d’investigation « archéologique », en revanche il aurait quelque peu « baissé les bras » en analysant comment la ligne stratégique de l’e-commerçant devenait la cause principale des pratiques discount sur le marché livresque.

Comme l’exprime l’ancien employé d’Amazon, James Marcus, les maisons d’édition sont désormais sous pression. Elles doivent en payer le prix afin d’obtenir que leurs livres bénéficient de toute l’attention des équipes marketing du géant et puissent être commercialisés par le biais de sa plateforme web. Il estime que les pratiques déloyales, niées par les porte-parole d’Amazon, abondent toutefois. Si pour lui il n’y a rien d’étonnant à ce que la société de Bezos agisse ainsi, il ne comprend pas pourquoi les éditeurs continuent de sous-estimer le pouvoir perturbateur du commerçant en ligne.

À ses yeux, même si ses pratiques sont légales sur le papier, une firme détenant près de 65 % du marché du livre numérique se trouverait en conséquence en position quasi monopolistique, et ce, même si le Department of Justice semble s’en laver les mains. L’observateur met notamment en cause la tarification généralisée des titres populaires au prix de 9,99 dollars ainsi que l’optimisation fiscale au Luxembourg, pour ce qui concerne ses revenus générés sur le sol britannique et en Europe plus généralement.

Le consultant en édition Mike Shatzkin soutient que les maisons d’édition vont avoir besoin de mener un véritable travail commercial avec leurs auteurs lorsque le géant aura gagné 25 % de croissance supplémentaire de ses activités ou que des enseignes comme Barnes & Noble auront fermé leurs portes, et ce, même s’il estime que pareils événements n’interviendront pas dans les prochaines années. Selon lui, internet pousserait désormais à scinder l’édition en deux industries. 

Pour lui la première reste celle bien connue et comprenant toutes les maisons d’édition, les détaillants traditionnels, les organismes de l’industrie de comptage des livres ou de ses ventes, tandis que l’autre serait « propriétaire ». Et cette dernière ne serait autre qu’Amazon, avec ses chiffres obscurs placés sous un système de numérotation que nul autre ne peut déchiffrer ou pister, qu’il s’agisse de publications, de ventes et de dollars générés. Il estime en conséquence qu’une véritable fracture va, croissante.

Sources : Harper’s , The Guardian

Article paru sur
http://www.actualitte.com/international/l-edition-risquerait-de-se-scinder-en-deux-sous-la-poussee-d-amazon-46991.htm 

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