#hiver
par Jean Brousse

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Hiver

Ca y est, c’est l’hiver, les gelées, la neige et les rhumes. On ressort les pulls moelleux et confortables, les lainages douillets, les doudounes de tous poils et de toutes plumes. L’ambiance se rafraîchit dans le désordre omicronien et peine à se réchauffer dans l’annonce des nouveaux candidats, désignés ou déclarés, à la présidence.

Le sourire discret et contenu de Valérie Pécresse aux unes du Point, de Match et du Figaro Magazine s’affiche aux étals des kiosquiers. Chacun essaie de décrypter cette presque inconnue, de révéler ses origines, sa famille, ses études, son parcours, ses tics ou ses hobbies. On y apprend, entre autres, que la versaillaise aime chaque année se ressourcer aux paysages sévères du Plateau de Millevaches, en Corrèze, entre Meymac et Égletons, chers à Jacques Chirac. On y découvre sa passion pour la pêche en rivière dans les affluents de la jeune Dordogne. On la savait fine mouche, mais maîtrise-t-elle la technique de la nymphe ? Il lui en faudra, de l’habileté, comme il en faut pour surprendre la truite rétive ou l’ombre mystérieux, pour débusquer les pièges à venir, pour pêcher les voix des indécis, où ils sont, quand ils veulent et leur donner ce qu’ils attendent, pour cornaquer ses nouveaux soutiens, de Xavier Bertrand à Éric Ciotti.

Éric Zemmour, lui, entame d’un coup de baguette magique sa métamorphose méphistophelesque et tente d’oublier et de faire oublier tout ce qu’il a dit ou écrit quand il n’était pas candidat, jusqu’à la semaine dernière. Il inaugure des petites lunettes rondes d’intellectuel des années 1950 qu’il remonte sur son nez toutes les dix secondes. Faudra qu’il s’y fasse pour « faire » Président. Interrogé par Léa Salamé et Laurent Guimier, confronté à Bruno Lemaire sur le plateau de « Élysée 2022 », il manie sans vergogne l’invective « C’est faux… Vous vous trompez… Je n’ai jamais dit ça… Hors du contexte… Vous avez tort… », et le récurrent « Ben voyons ! » lorsqu’il est à court devant ses propos d’hier ou d’avant-hier. Il prie Bruno Lemaire, qu’il traite d’ « employé de Bruxelles » ou de « gaulliste de pacotille » ou de cancre, de ne pas se gargariser. Il réfute allègrement le droit et la Constitution, il peine à retrouver les ressources nécessaires à ses projets. Il juge Emmanuel Macron « idéologue chimérique ». « Ben voyons !»

Le Président toujours au travail et « qui restera Président de la France jusqu’au dernier quart d’heure » devient « Président de l’Europe », si seulement… Une Europe qu’il veut « unie, forte, puissante et souveraine », pour laquelle il veut « protéger les frontières, reforger une histoire, consolider les valeurs. » « Au menu : des “salaires minimums adéquats”, la régulation des GAFA, une taxe carbone aux frontières, le fameux impôt minimum mondial à 15% pour les multinationales, une réforme du pacte de stabilité et le développement d’une autonomie stratégique européenne. Bref, du pain sur la planche. » lit-on dans Le Figaro.
« Quand j’entends le mot Europe, je sors mon oreiller » disait Claude Imbert. Le Président veut la réveiller. On en parlera avec Olaf Sholz qui, courtoisement, aura – vite – réservé sa première visite à la France. « Vaste programme ! » Mais un programme, qui pourrait toujours servir…

Anne Hidalgo, dont les intentions de vote ne se réveillent pas, a la révélation de Poitiers et revient fissa à Paris pour proposer des primaires aux candidats déclarés de la gauche. Enfin, mais peut-être trop tard. Jean-Luc Mélenchon n’en veut pas et Yannick Jadot a déjà donné. Arnaud Montebourg a les abeilles.

Pendant ce temps, Omicron, plus contagieux mais moins virulent, semble-t-il, que son concurrent Delta, sème le trouble entre les vagues et les injonctions. Panique à bord, un vent d’incertitude fait son retour. Noël Omicron, Pâques élections !

Je vous embrousse très fort

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