Sondage : les Français n’ont plus le temps de lire

Alors que le Salon du livre va se tenir du 21 au 23 mars, une étude Ipsos-Livres Hebdo conclut que les pratiques de lecture hexagonales sont en nette baisse.

Où trouver le temps de lire?

Le temps de lire

Décryptage d’une réalité sociale et culturelle, ancrée dans le conflit qui oppose le matériel au virtuel, le papier au numérique.

«Je n’ai jamais eu de chagrin qu’une heure de lecture n’ait dissipé.» disait Montesquieu. Selon Les Échos, qui relaient le sondage Ipsos-Livres Hebdo, les Français manquent de ce précieux temps pour se plonger dans un ouvrage quel qu’il soit. La conséquence est sans appel pour le taux de lecture du livre papier: il a perdu cinq points en trois ans et le numérique de son côté ne rattrape pas ce retard.

À l’approche du Salon du Livre qui se tiendra à Paris du 21 au 23 mars prochain, un sondage Ipsos-Livres Hebdo s’intéresse aux lectures des Français. Le sentiment global qui ressort de cette étude est que ces derniers lisent moins qu’avant (quatre Français sur dix). Manque de temps pour certains, manque d’envie pour d’autres qui préfèrent se consacrer à d’autres loisirs. Finie l’époque où l’on passait des après-midi entières dans un bon fauteuil à bouquiner, aujourd’hui le temps libre se fait rare.

Ceux qui décrochent sont majoritairement issus des CSP+ avec enfants de moins de quinze ans. Pourtant en moyenne, les Français ont lu quinze livres papier au cours de ces douze derniers mois, c’est un de moins qu’en 2011. Ils en ont lu dix en format numérique (stable). On se rassure quand on lit que près d’un lecteur sur deux (45%) dit qu’il lit presque tous les jours. On ne se refait pas, les Français restent ce qu’ils sont depuis toujours, des rats de bibliothèque. Puisque sur le podium de leurs activités préférées, la lecture est sur la seconde marche juste en-dessous des sorties entre amis. D’autre part, le rapport au livre a quelque chose de familial: ne reniant pas la tradition des histoires au coin du feu, ils sont nombreux à considérer encore qu’il est important de lire des contes aux enfants. Enfin, nombreux sont ceux qui affirment qu’un ouvrage peut avoir un impact important et durable dans leurs vies.

Typologie des lecteurs

Le lecteur fréquent s’avère être une lectrice. L’amateur-type de livre papier est une femme de quarante-six ans en moyenne (57%): en général, elle est parisienne et diplômée. Le consommateur de livres numériques de son côté, est plus féminin qu’en 2011, il est aussi plus âgé, moins parisien et plus aisé. Le numérique ne fait pas autant d’adeptes qu’il l’espérait. Sur les 69% de Français lecteurs, seulement 11% optent pour les ebooks. Et 86% d’entre eux sont irréductibles et affirment que le papier ne passera pas.

Si les livres numériques en eux-mêmes n’ont donc pas le succès escompté, la lecture sur tablette prend son essor: elle a plus que doublé en trois ans, passant de 14% à 37%, loin devant la liseuse qui ne fait office que de bibliothèque de poche. Malgré l’inquiétude qu’elle suscite, la vente de livre en ligne n’a pas le monopole menaçant qu’on lui prétend, représentant seulement 16% des achats de livres neufs papier, derrière les grandes surfaces spécialisées (38%), les hypermarchés (26%) et les librairies (23%). Si l’on s’intéresse au contenu, c’est le roman policier qui prend la tête des ventes papiers, alors que les classiques, libres de droits et donc en libre-service sur la Toile, sont les favoris du numérique.

Paru sur www.lefigaro.fr le 14 mars 2014
http://www.lefigaro.fr/livres/2014/03/14/03005-20140314ARTFIG00113-sondage-les-francais-n-ont-plus-le-temps-de-lire.php

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