Étoiles de cires – quand Jules rencontre Claude

Dans Étoiles de cires, notre héros, Jules, a la chance (mais est-ce bien uniquement de la chance ?) de rencontrer ses archétypes – dont Claude François, l’inimitable. Pour le plaisir, voici ci-dessous un extrait de la rencontre. Bonne lecture !

Claude ajuste son veston, Jules en profite pour observer les aiguilles de la montre du chanteur populaire : elles aussi sont toutes les deux arrêtées sur midi. Cloclo, ayant perçu le regard de son invité, chantonne :

La pendule de l’entrée s’est arrêtée sur midi
À ce moment très précis où tu m’as dit je vais partir

Jules, ravi de cette entrée en matière qui le préserve un peu de cette discussion quantique, enchaîne :

Et puis tu es partie, j’ai cherché le repos
J’ai vécu comme un robot
Mais aucune autre n’est venue 
Remonter ma vie

Cloclo applaudit pour ce sans-faute improvisé avant de se rasseoir dans le grand canapé et d’inviter Jules à prendre place à ses côtés. Intrigué par le smartphone, le chanteur populaire interroge son hôte du regard et, avant qu’il n’ait eu le temps de dire ouf, s’empare de l’appareil :
—   Pas mal, ce truc ! Un concentré de technologie interactive, je suppose ?
Sans attendre la réponse de son interlocuteur, le chanteur tapote la vitre du smartphone, et ses yeux s’écarquillent à la vision des icônes colorées qui apparaissent l’une après l’autre. Le regard de Jules se concentre sur la dextérité de son idole face à une technologie qu’il n’a pas connue. Dans un geste naturel, Cloclo fait en effet défiler les images de son index sur le petit écran avant de s’arrêter net sur l’une d’elles et d’interroger Jules en collant son doigt sur un visage qui semble se demander ce qui lui arrive :
—   C’est qui là, le mec sur l’écran avec ses cheveux blancs et ses tatouages ?
—   Euhhh… Un chanteur populaire contemporain, répond Jules qui tente de trouver la réponse la moins maladroite.
La vidéo s’enclenche, au grand étonnement des deux comparses. Claude écarte l’appareil en tendant le bras pour avoir une vue plus globale de la situation : l’homme qui se déhanche sur l’écran s’agite encore plus comme s’il ressentait la présence de son mentor présumé. Ce dernier ne compte pas abandonner la partie et relance Jules sur un ton plus inquisiteur :
—   Chanteur populaire ? Et les gars qui dansent sur scène avec lui ?
—   Ses musiciens, rétorque Jules sans donner d’autres détails.
—   C’est fou, si moi j’avais dansé avec mes musiciens à l’époque, on m’aurait traité de pédé une fois de plus.
Comme Jules ne répond pas, il insiste :
—   Je repose la question, c’est qui ce type ? Ça sent le plagiat à fond la caisse.
Le terme de plagiat résonne dans la tête de Jules qui fait mine de placer ses mains sur les oreilles comme s’il voulait être sourd aux exigences de son idole. Cette dernière n’en a décidément cure et le relance :
—   Je me répète encore une fois ! C’est qui, le gars-là qui porte ce costume brillant ? Mon fils caché ? Un sosie mal dans sa peau de plus ? Je ne le sens pas, ce type, et ses mimiques m’exaspèrent… Je m’attends au pire.
—   C’est un jeune chanteur qui a le vent en poupe depuis quelques années et qui fait une tournée de galas dans toute la France et en Belgique.
—   Je veux son nom, son pédigrée. Démerde-toi, mais je veux tout savoir sur lui, sa vie publique, sa vie privée… Alors, qui est-ce ?
—   Pokora.
—   Bizarre comme nom !
—   Ça signifie « humilité » en polonais…
—   Drôle de pseudo ! Comment peut-on réussir avec humilité dans ce métier ?

 

Découvrez la suite (et le début) des aventures de Jules dans Étoiles de cires !

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