#sprintfinal
par Jean Brousse

Dernière ligne droite

Haletante attente, suspense ! Nous connaîtrons enfin dans à peine huit jours les finalistes de la compétition. Les sondages s’entêtent, mais l’écart entre le favori et ses proches poursuivants, encore respectable, se réduit doucement. Le « Candidat » est empêché, réduit au silence, par les contraintes du Président engagé dans la crise russo-ukrainienne. Sa « challenger », arrimée solidement au pouvoir d’achat, grappille demi-points après demi-points, comme le tenant de l’« union populaire » prêt à tout pour happer les voix de ceux qui ne veulent ni des autres ni peut-être même de lui.

Les Républicains, ignorés par leur « parrain », en ont « marre » de perdre, et les socialistes, éloignés du leur, hésitent grave entre les représentants d’une gauche qu’ils ne reconnaissent plus. Il y a de la recomposition, que dis-je, de la reconstruction dans l’air. Les experts de McKinsey pourraient-ils nous y aider ? Les vieux routiers de la campagne font leurs adieux à la scène, et les apprentis ténors n’ont pas encore éclos. On attend par désespoir les élections législatives de juin, avant d’attendre par dépit la prochaine présidentielle.

Les mouvements intenses de la semaine n’ont pas éclairci la situation ukrainienne. L’armée russe se concentre-t-elle vraiment sur l’Est, autour du Donbass ? Rien n’est moins sûr. Les délégations russe et ukrainienne ont entamé à Istanbul un nouveau round de négociations, dont Moscou estime que le résultat ne donne pour l’instant rien de « très prometteur ». Qui en attendait autre chose ? Les artilleurs nécessaires pour maintenir la tension rôdent encore autour de Kiev où la guérilla semble reprendre du terrain. Qu’en est-il du couloir humanitaire promis à Marioupol, dont les images irréelles et terrifiantes semblent sortir tout droit d’une effrayante production de jeux vidéo ? Le Tsar informe avec aplomb sa population que l’« opération militaire spéciale » atteint ses objectifs. Joe Biden manie les noms d’oiseaux quand les tenants du dialogue appellent à la mesure.

Une guerre surréaliste menace, hantée par les spectres bactériologiques, chimiques et nucléaires. Les cyber-attaques, les satellites d’Elon Musk, la fragilité des câbles sous-marins et la vulnérabilité de l’Internet mondial côtoient les méthodes ancestrales plus qu’éprouvées : a-t-on réellement tenté d’empoisonner Roman Abramovitch ? Les espions, contre-espions et agents multiples du monde entier sont aux écoutes. On cherche à échanger des bitcoins contre des roubles pour acheter un peu de gaz. Bombes, mensonges et vidéos. « Obsession et névrose hystérique ne font pas une stratégie, » commente Vincent Hugeux sur LCI. « Poutine veut faire de sa fiction une réalité, » suggère Pierre Servent dans Le Parisien. Oubliés, les conventions de Genève et le « droit de la guerre » : la guerre prend tous les droits.

Manquait plus que la neige, la vraie, drue, blanche, consistante – poisson d’avril ? –, alors que pointait il y a peu un précoce « été témoin » presque capable de nous faire croire aux beaux jours. On était prévenu : en avril, ne te découvre pas d’un fil, fussent les fils échevelés des bouleversements géopolitiques mondiaux ou ceux, plus ténus, du fantôme d’une campagne électorale new-look désertée par les politologues perdus dans les intervalles de confiance.

Chouette, le pétrole à la pompe baisse de dix-huit centimes, allons vite faire le plein : on ne sait jamais, tout change tellement vite, en ce moment.

Je vous embrousse très fort !

 

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