Romancier, ça s’apprend… à la fac

Une vingtaine d’étudiants vont se former pendant deux ans à l’écriture et du roman, mais aussi aux arcanes du milieu littéraire. Avec Paris 8, deux autres universités proposent cette formation originale.

Apprentissage de l'écriture

Apprentissage de l’écriture

«On apprend bien à peindre, pourquoi pas à écrire?» C’est ainsi que l’écrivain Olivia Rosenthal, qui a lancé le nouveau master de création littéraire à l’université Paris 8, répond à ceux qui se demandent en quoi consiste cette nouvelle formation pour romancier. Pour cette rentrée, 20 étudiants ont été sélectionnés. «On a eu 120 dossiers, dont une cinquantaine excellents», explique Lionel Ruffel, responsable de cette formation. Et d’ajouter «Malheureusement, nous ne pouvions, matériellement, accueillir plus de 20 personnes. On espère pouvoir augmenter ces effectifs avec le temps».

Depuis longtemps, cette université, comme beaucoup, compte des auteurs parmi ses professeurs – parmi lesquels, outre Olivia Rosenthal, le poète et essayiste Jacques Deguy-, et l’idée de ne plus se limiter à l’enseignement théorique a ainsi naturellement vu le jour. «Il y a 7 ou 8 ans, j’ai essayé de dynamiser mes cours sur le XVIème siècle en les réalisant sous forme d’ateliers», explique Olivia Rosenthal. Au départ, il s’agissait d’exercices simples pour mieux comprendre le travail de romancier, puis l’idée a fait son chemin. «On s’est aussi inspiré des ateliers de «créative writing» présents dans les universités américaines», explique Lionel Ruffel, écrivain lui-même mais aussi éditeur.

Une connaissance du monde littéraire et des ses codes

Cette formation, proposée en M1 à Paris 8 depuis la rentrée 2013-2014, s’appuie sur trois piliers: la pratique bien sûr, et c’est là la grande nouveauté, mais aussi la théorie, afin «d’affûter la connaissance des écritures contemporaines» de ces écrivains en herbe, ainsi qu’un volet professionnalisant . «Cette troisième thématique nous semblait essentielle», explique Olivia Rosenthal. «On voulait offrir aux étudiants une connaissance du monde littéraire et de ses codes, afin qu’il puisse plus facilement s’y insérer par la suite». Écrire certes, mais aussi connaître ce milieu si particulier.

Sur les 20 recrues de la promotion 2013-2014, cinq sont étrangers, et deux n’avaient encore jamais écrit en français. Les étudiants viennent d’horizons divers (Sciences Po, licence de lettres…), mais tous ont en commun l’écriture, qu’ils pratiquent déjà. «Pour nous, ils sont déjà écrivains», lance Lionel Ruffel. L’idée est donc, comme en école d’art, de recruter des étudiants déjà sensibilisés à une pratique artistique et de les aider à la développer. Les débouchés annoncés sont multiples, et des métiers en lien avec l’écriture tels que ceux du monde de l’édition ou du journalisme s’ajoutent à celui d’écrivain.

Demande croissante des étudiants

Deux formations relativement similaires avaient déjà vu le jour l’année dernière au Havre et à Toulouse, répondant à une demande croissante de la part des étudiants voulant devenir romancier.

Reste une question: est-ce qu’on «apprend» à écrire? Les Français en la matière sont plus timorés en la matière, souvent attachés à la notion d’inspiration qui ferait tout..Mais les Anglo-saxons, très décomplexés sur le sujet. Et cette tendance gagne notre pays. Qui sait, un futur Proust s’assiéra peut-être sur les bancs de Paris 8?

0 replies

Leave a Reply

Want to join the discussion?
Feel free to contribute!

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.