#OVNI
par Jean Brousse

OVNI

Nous attendions avec fébrilité les résultats de cette innovation spectaculaire : la Primaire populaire de la gauche. « Fin du sketch », titre le fameux Libération Champagne. On ne peut pas dire que les résultats de cet OVNI, cet Objet Votant Non Identifié, encombrent les unes de la presse quotidienne, en ce froid lundi matin. Deux ou trois « Et maintenant ? », « Et après ? », « Une victoire et des embûches », « La grande confusion », et puis c’est à peu près tout.

Personne ne sait bien quelles conclusions en tirer, et les commentateurs chenus et accrédités sont un peu comme des poules devant un couteau. Pas question de bousculer les modèles auxquels nous sommes accoutumés. Certes, Christiane Taubira, élève brillante, a gagné avec un très joli « Bon + », mais qu’a-t-elle vraiment gagné ? Mystère. Loin derrière, les méritants Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon sont crédités d’un « Assez bien + et – », et la malheureuse Anne Hidalgo d’un sévère « Passable + », juste entre les célèbres Pierre Larroutourou et Charlotte Marchandise. Il va falloir réviser ! Ça ressemble à la remise par le professeur des copies de la semaine dans une classe de collège. Ni sondage, ni vote ou « votation » à la suisse, ni primaire, cette consultation dont les victimes ne voulaient à aucun prix a quand même mobilisé quatre cent mille citoyens, un dixième du corps électoral. Ça n’est pas rien. Quand il semble que le débat politique déçoit, que les Français manifestent leur désintérêt, quand l’idée même de démocratie se perd malheureusement dans d’audacieux contresens, l’expérience est évidemment intéressante, et les procédures de vote méritent d’être mises à l’épreuve. N’est-ce pas, Monsieur de Condorcet. Mais fallait-il tenter un exercice de laboratoire, une manœuvre d’apprenti sorcier, au cœur d’une campagne importante qui peine à démarrer ? On peut craindre les effets secondaires de cette nouvelle machine infernale, capable de décourager les derniers tenants de nos scrutins largement éprouvés. De quoi confondre le virus électoral. A-t-on assez de recul ? Ça rappellerait presque certaines inquiétudes sanitaires.

Les petites phrases continuent de pleuvoir. Celle de François Hollande face à des lycéens de Seine-Saint-Denis a beaucoup fait réagir : « Pour l’instant, je ne suis pas candidat. […] Est-ce qu’une candidature de plus serait utile ? […] Un ancien président peut très bien refaire de la politique. […] Je parlerai le moment venu. » Les exégètes les plus rompus à la sémantique hollandaise se perdent en perplexité. Les atermoiements de Marion Maréchal alimentent la Zemmourie. Valérie Pécresse teste à Uzerche, en Corrèze, « la perle du Limousin », ses pistes de programme face à un Jean-Jacques Bourdin défait au pays de Simone de Beauvoir. Un récent sondage d’Odoxa révèle qu’Édouard Philippe, toujours en tête des cotes de popularité, ferait un excellent Président de la République. Le Président en poste, qui travaille jusqu’au bout, n’est toujours pas candidat. Le train-train, le tout-venant…

On inaugure calmement une première étape de relâchement des mesures anti-covid. On se réjouit d’une belle croissance de 7% en 2021. Les déboires d’Orpea sonnent comme les symptômes de l’inefficacité des protocoles administratifs de contrôle et comme les effets malheureux des débordements d’un capitalisme financier déshumanisé, loin des espoirs des promoteurs de la RSE, la responsabilité sociale des entreprises.

Je vous embrousse très fort,

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