#évidence
par Jean Brousse

« D’évidence »

Les cheminées fument tranquillement sur les toits de zinc gris d’un Paris engoncé dans les contraintes. Plafond bas, le jour fait la grasse matinée et n’en finit pas de raccourcir, quand la ville peine à se réveiller. Dernier coup de collier avant la trêve des confiseurs, dernière chance d’achever ce que nous avions prévu pour cette étrange année finissante, derniers achats précipités pour garnir les pieds des sapins, dernières commandes pour les réveillons à venir. On boucle les valises, les parkas cohabitent avec les paquets multicolores dans le coffre de la voiture, certains espèrent attraper un train. Une menace imprécise de grève, dernière goutte à faire déborder l’année, nous rappelle à la vraie vie malgré Noël, comme si l’inquiétant Omicron
suffisait pas.

D’évidence, le long entretien – un biopic ? – scénarisé et quasi psychanalytique offert par TF1 au Président toujours au travail et qui le restera jusqu’au dernier quart d’heure, n’était pas dans la précampagne ! Il l’affirme. Sinon, qui prendrait les décisions commandées par la situation ? Seuls quelques quatre millions de nos concitoyens ont suivi l’exercice. Les plus attentifs se demandent encore ce qu’ils ont appris, contrairement à Emmanuel Macron qui lui, a beaucoup appris – grand bien lui fasse, nous on croyait qu’il savait ! – en particulier à aimer « follement » la France et les français qu’il a enfin, semble-t-il, découverts. la crise lui a appris « les fragilités, les inégalités, les injustices »… Good news ! « J’essaie de me projeter, de projeter le pays à dix ans, d’évidence au-delà du mois d’avril prochain… » Beaucoup de « je » et de « nos », « nos maires, nos soignants, nos jeunes, notre Europe… »

Le « jeune homme » élu à 39 ans fait parfois amende honorable : « Je ne suis pas pour rien dans la crise des gilets jaunes », « Il y a eu des erreurs qui ont été faites », « Les 80km/h, c’est arrivé à un moment où nos compatriotes n’ont pas compris »… Il égratigne quand même au passage et l’air de rien quelques projets de candidats déclarés, de l’opération « Père Fouettard » de Valérie Pécresse : où trouvera-t-elle les 150 000 fonctionnaires condamnés ? « Lesquels ? Où ? Il faut du sérieux » au rejet du grand remplacement cher à Monsieur Z : « L’immigration zéro est une absurdité. »

D’évidence, il faut adapter la réforme des retraites : il veut toujours « simplifier nos règles et aller vers une sortie des régimes spéciaux » mais « pour la fonction publique, les salariés et les indépendants, trois grands régimes ».

D’évidence, on ne sait toujours pas bien « où va la France »…

Et l’on se demande comment les commentateurs accrédités y voient un – léger – virage à gauche, sans doute parce que ça colle avec leur vision des choses. Les autres acteurs égrènent la comptine lancinante du moment : Pécresse se presse et Zemmour discourt, Le Pen est à la peine. À gauche, Jadot est en rideau quand Hidalgo surveille son nouvel alter ego, Taubira : ira, ira pas ? Ira bien qui ira le dernier…

Un petit dernier conseil de défense sanitaire avant les grands départs. John Castex en annonce les conclusions, « en responsabilité » : pas de pass sans vaccin et tout le monde testé avant la dinde, histoire sans doute de nous re-rappeler avec sévérité, mais respect, le « pas de relâchement » d’il y a quelques mois. Omicron rôde.

À l’évidence, plus jamais sans mon écouvillon !

Bonnes vacances !

Je vous embrousse très fort,

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