#candidatures
par Jean Brousse

Candidatures

Nous avons donc officiellement gagné deux nouvelles candidates et trois quart d’un trublion. L’autre dimanche, Anne Hidalgo, depuis Rouen, à une grosse heure de Paris, indique qu’« elle est prête » – c’est quand même la moindre des choses – et promet la transition écologique : se serait-elle trompée de primaire ? On attend impatiemment son prochain livre, Une femme française… quoi de plus détonant ! Madame Le Pen, elle, depuis Fréjus, puise dans la Marseillaise son appel à de chères « libertés chéries ». Toutes deux étaient ce matin-là étrangement vêtues d’un caraco bleu turquoise tendre sur fond bleu clair tendre. Puissent les candidats électeurs s’y retrouver. Qu’ils s’y fassent, ce sera assurément la tendance de la mode électorale en cet hiver 2021 !

Aux journées parlementaires de LR à Nîmes, jeudi dernier, ils sont tous là , même celui des Hauts de France, tout sourires, sur l’émouvante photo de famille autour de la table de l’unité ! Envisageraient-ils un départage aux chaises musicales, à la chandelle, ou au Mistigri ?

Samedi soir, très très tard, Éric Zemmour, sous prétexte de promouvoir son énième ouvrage condamné au compte d’auteur, La France n’a pas dit son dernier mot – en gros, pour lui, le même que dans tous les précédents – recycle et rabâche au cœur de la nuit ses thèmes favoris, usés et rapiécés. Huit cent mille français peut-être auront veillé au-delà du raisonnable pour assister à un pugilat façon ping-pong dans la cour de récré entre l’auteur, tendu, las et quelque peu déplumé, et l’animateur, plus inutilement sarcastique que jamais. Laurent Ruquier pourrait rebaptiser son émission : « On aurait dû se coucher plus tôt » ! Que venait donc faire Léa Salamé dans cette galère ? Pourvu qu’il en vende des livres, le malheureux qui vient de perdre son job alors qu’il voulait lui tout seul choisir le moment pour se déclarer . Nous avions deux Zemmour* et le CSA en aura fauché un. Cette campagne électorale n’est pour lui qu’un nouveau plateau pour ressasser ses obsessions. Dans la catégorie saltimbanque, Coluche était en son temps tellement plus drôle. Et autrement plus juste.

La rentrée littéraire s’annonce chargée, forte de nouveaux auteurs pour beaucoup inattendus : les candidats ou quasi, Barnier, Hidalgo, Roussel, Piolle, Zemmour ; les observateurs, Philippe, Le Foll, Bayou ; les kibitz, Villiers, Ménard, Apathie… Et tant d’autres. On attend, fébriles, le best-seller de François Asselineau. Les prête-plumes** sont sur la brèche ! Existe-t-on de nos jours sans avoir écrit, ou simplement signé, un livre ? Les campagnes présidentielles démarrent aujourd’hui dans les librairies. Les salons et les foires du livre sevrés en 2019 et 2020 par la Covid deviennent des tribunes programmatiques. Les politiques y croisent les gloires littéraires et l’on craint des entorses du poignet, à force de dédicaces et signatures, chez nos apprentis Zola. En faut-il autant pour relancer l’édition ? Si les habitués des meilleures ventes s’en sortent, combien de ces ouvrages nourriront en mai le pilon, au grand dam des éditeurs ?

Comme chaque soir, le cortège superpinponant des accusés du 13 novembre traverse à tue-tête Paris, remontant même parfois à contre-sens le boulevard Saint Germain, accompagné de rassurantes forces de l’ordre. En ligne avec « Le » Beauvau, l’ordre règne, braves gens. Sécurité, quand tu nous tiens . On n’en a pas fait tant pour Alexandre Benalla.

Je vous embrousse très fort.

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