#bonneannée
par Jean Brousse

Joyeuses fêtes et bonne année !

Une fébrilité hors de saison s’empare des palais nationaux et des plateaux de télévision : Omicron ne respecte pas la trêve des confiseurs, déploie son nuage invisible sur les vaccinés les plus endurcis et des vacanciers pourtant décidés à effacer les lassitudes accumulées. Un peu comme l’étrange Marque jaune, née de l’imagination fertile d’Edgar P. Jacobs, gouvernée par l’affreux colonel Olrik, affolait Londres, mettant à rude épreuve les nerfs et la sagacité du professeur Philip Mortimer accompagné de son fidèle comparse, le capitaine Francis Blake. Omicron, ou l’Espadon ! Orwell n’avait pas vu venir ce cousin germain de Big Brother.

Moins virulent et plus contagieux que son ancêtre Delta, insensible, venu par avion du Sud de l’Afrique, il gagne les plus jeunes et les ados, sème le doute et trouble les nations aux aguets : confinement, couvre-feu, fermetures, gestes barrière, course à la dose de rappel, pass vaccinal obligatoire, et j’en passe, les gouvernements se lancent dans une course effrénée à la chasse au microbe. Sprint ou marathon ? Nul ne le sait. Il y a fort à parier que le virus occupera les conversations devant la dinde réchauffée « Omicron-onde »*. Quitte à en oublier la campagne électorale ! Les trans-humanistes échevelés et déchaînés sauraient-ils protéger une humanité augmentée définitivement immunisée et déshumanisée ? Ou devrons-nous nous installer pour de bon dans le Metavers, le temps que l’on nettoie enfin la planète et l’espace ? Y a-t-il des microbes et de la pollution dans le monde virtuel ? Et s’ils sont virtuels, sont-ils toxiques ?

Ça fait beaucoup pour des humains normaux fatigués par la chronique de la pandémie. Noël et la Saint Sylvestre arrivaient à point pour prendre un peu de repos et se vider la tête en attendant le prochain printemps.

Le père Noël et ses rennes ont eu toutes leurs doses et sont dûment écouvillonnés. Muni de son pass, il refera, espérons-le, le tour des enfants du monde. Et comme le rappelle Erik Larson** de Winston Churchill au soir du 24 décembre 1941 : « Que les enfants savourent leur soirée de fête et de rire. Que les cadeaux du père Noël enchantent leurs jeux. Que nous, les adultes, partagions pleinement leur plaisir infini avant d’affronter à nouveau les tâches austères et l’année redoutable qui nous attend. »

Joyeuses fêtes, et bonne année !

Je vous embrousse très fort,

 

* Le Canard enchaîné, 22 décembre
** Erick Larson, La splendeur et l’infâme, le Cherche Midi, 2021

 

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