#batailles par Jean Brousse

Batailles

Les résultats de ce premier tour sont donc aussi mornes et banals que ne l’a été la lénifiante campagne électorale. On prend les mêmes (ou presque) et on recommence. Heureusement que Pâques arrive avec force chocolat et chasse aux œufs, on aurait pu s’ennuyer ! Jean Luc Mélenchon talonne sérieusement les vainqueurs, mais il lui manque moins d’un tout petit pour cent, moins de cinq cent mille bulletins pour dépasser sa concurrente affadie ! Pour ceux-là au moins, les sondages ne se sont pas égarés et le nouveau paysage politique né d’un « big bang » d’un nouveau genre semble désormais clair : 55% pour les « extrêmes » et 28% pour l’étrange Candidat disruptif, le Président sortant, lui-même peut être toujours à l’ « extrême centre » : 83% pour tout sauf ce qu’on connaissait depuis soixante ans.

Pour les autres candidats, le surprise s’impose : Les « partis de gouvernement » ont disparu, plus loin encore des scores qu’on n’osait pas leur prédire et monsieur Z continue le douloureux apprentissage de l’exercice politique. Avec 7% des voix, il se crashe lourdement au bas de l’Aventin rebelle étrangement frôlé il y a quelque temps. Moins sans doute que Coluche aurait atteint en son temps s’il s’était entêté. La roche tarpéienne… au moins sera-t-il remboursé, lui, alors que le parti socialiste et les républicains vont devoir faire les fonds de tiroir en se déchirant au lendemain d’une sérieuse gueule de bois.

Les commentateurs revoient leur logiciel – comme ils disent – pour entretenir un peu de suspense et nous raconter avec conviction ce qu’eux-mêmes ne comprennent plus très bien. Quelle saveur aura ce débat que nous attendons maintenant avec fébrilité ? La guerre du pouvoir d’achat, de la fin du mois contre la fin du monde, des bilans, du rôle et du métier de Président va s’enclencher. Aborderons-nous enfin les enjeux environnementaux ? Si Marine Le Pen l’emporte le 24 mars, immédiatement promue Présidente du Conseil de l’Europe, que fera-t-elle face à Vladimir Poutine qui lui, continue la sienne avec obstination ?

Le Tsar continue de se poser en victime d’une prétendue agression ukrainienne. Ses fidèles lieutenants osent-ils lui dire la vérité ? Sait-il que ses troupes ont quitté Kiev ? Est-il informé des atrocités perpétrées à Doutcha, Marioupol ou Kramatorsk ? Les observateurs occidentaux instruisent certes en temps réel le dossier d’accusation que les décomptes macabres et les témoignages effrayants alourdissent chaque jour. Crime de guerre ou crime contre l’humanité, les atermoiements sont-ils de mise quand l’horreur est absolue ?

Les besoins de l’enquête y obligent sans doute mais les scrupules louables des enquêteurs nourrissent les impatiences légitimes d’un peuple fuyant sous les tirs aveuglés des canons ennemis. Repérer les coupables, certes, mais comme le disait ma grand-mère, l’escalier se balaye par le haut. Le monde civilisé désespère des règles qu’il s’est lui-même imposé : l’ONU devient impuissante dès lors qu’un seul véto peut entraver l’adoption d’une motion de défiance envers le droit de véto. Les trompettes des va-t’en guerre contrarient malencontreusement souvent le ballet des diplomates.

Quelle posture adopteront face à la crise ukrainienne nos deux finalistes ? À suivre prochainement sur vos écrans. Puissent les débats se révéler dignes des enjeux. Mais ne boudons pas nos petits plaisirs : Tulle a gagné dimanche contre Belves et s’approche de la qualification pour le Championnat de France de la « fédérale 2 » de rugby, au mythique stade Alexandre Cueille chanté par Antoine Blondin, dont nous fêtons aujourd’hui le centenaire.

Ainsi va le monde.

Je vous embrousse très fort

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