Décès de Gabriel Delort-Laval

Le Père Gabriel Delort-Laval, auteur des deux volumes Des paroles pour croire parus en 2014, est décédé lundi 31 juillet d’une crise cardiaque au cours d’une randonnée en famille dans les Pyrénées. Il avait 50 ans.

À la racine de la vocation de Gabriel Delort-Laval, né dans une famille chrétienne, se tient l’appel qu’a représenté pour lui l’indifférence de ses camarades de classe pour toutes les questions existentielles, qui lui semblaient les seules réellement importantes. Élève au lycée Victor Duruy à Paris, il rencontre le Père André Millot, aumônier de l’établissement (qui le rejoindra plus tard à Saint François de Molitor) avec qui il fait fructifier ce désir profond qu’il éprouve de réveiller chez ses contemporains les questionnements enfouis ou inavoués et qui le conduisent au Séminaire. Ce désir, toujours intact, a fait de lui un prêtre joyeux qui aime communiquer sa joie de vivre et sa joie de croire.

C’est en juin 1996 qu’il obtient sa licence de théologie à l’Institut d’Étude Théologique de Bruxelles, après avoir soutenu son mémoire de licence sous la direction du Père Bernard Pottier s.j. sur la pensée de Pierre Teilhard de Chardin et sur L’Esprit-Matière, réalité biface du monde (d’un côté l’esprit, de l’autre la matière, qui ne sont plus deux substances distinctes mais deux parties d’une entité unique) à la lumière de la théorie de l’évolution et des nouveaux regards sur la matière (texte en vente ici). Vingt ans plus tard, après avoir animé deux retraites à la Basilique du Sacré-Cœur de Paris pour l’Association des Amis de Pierre Teilhard de Chardin en 2014 et 2015, il devient membre du Conseil d’administration de l’association où sa présence lumineuse et ses interventions pertinentes deviennent vite indispensables.

La carrière religieuse de Gabriel Delort-Laval commence ainsi en 1996 en tant que vicaire à la paroisse Saint Jacques – Saint Christophe puis, en 1999, pendant quatre ans, il est à la disposition de l’Ordre des Dominicains (dont l’une des missions, la prédication, répond à son désir de communiquer autour de lui le sens sacré et joyeux de la vie), avant de revenir servir le Diocèse de Paris. En 2003, il est vicaire à Saint Honoré d’Eylau et aumônier diocésain du Mouvement Eucharistique des Jeunes. En 2006, il devient Curé de la Paroisse Saint François de Molitor et œuvre au Service des vocations, puis, en 2014, nommé Curé de la paroisse Saint François de Sales et Doyen de la plaine Monceau.

Passionné par les questions de Défense nationale, il est auditeur de l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) en 2010 (63e session nationale) avec lequel il restait en lien, la dissuasion nucléaire entrant de fait dans ses interrogations profondes et devenant l’une de ses spécialités. Adepte de la guerre juste, il avait mis à profit sa formation à l’institut en répondant à la demande de la Conférence des évêques par un ouvrage toujours d’actualité, La dissuasion nucléaire à la croisée des chemins. Éléments pour un discernement, Documents Épiscopat n°3, 2013 (on peut en lire ici un compte rendu dans La Croix). L’association des auditeurs de l’IHEDN propose également à la lecture un court texte qu’il avait rédigé : Face à la guerre qui nous est faite.

Doué des qualités humaines qui faisaient de lui un agréable compagnon de vie et de travail, Gabriel était clair dans ses opinions qui étaient toujours le fruit d’une belle et profonde pensée, cultivée, renseignée et dont le l’axe était toujours l’annonce de l’Évangile et le service de l’Église. Intellectuellement et spirituellement nourri par la tradition dominicaine, il était animé par la transmission de l’Évangile en particulier grâce à la prédication et à la catéchèse. Lors de liturgies qu’il désirait belles et signifiantes, il prenait toujours soin de goûter l’Écriture pour lui-même avant de la transmettre aux fidèles. Attentif aux personnes, il était aussi fin diplomate afin de toujours veiller à l’unité et à la communion des groupes et des paroisses qui lui étaient confiés.

Chez Cent Mille Milliards, nous avions rencontré Gabriel à Saint François de Molitor et eu la chance de discuter avec lui à de nombreuses reprises, notamment pendant la catéchèse. À l’occasion de son départ pour Saint François de Sales, nous avions rassemblé une sélection de ses homélies, patiemment recueillies et retranscrites dimanche après dimanche par des paroissiennes, au sein d’un exemplaire unique que nous lui avions offert. Il est vrai que ses éclairages sur les Écritures, toujours clairs, subtils, d’une efficacité et d’un enthousiasme irrésistibles, nous avaient éblouis tout au long de ses années. Surpris, Gabriel avait été touché par le fait de tenir en main un livre composé de ses propres paroles et, surtout, étonné d’en avoir autant dites… À la demande des paroissiens et avec son accord ainsi que son concours, nous avions publié fin 2014 en deux volumes la plupart de ses homélies prononcées à Saint François de Molitor.

En juin 2017, nous avions convenu ensemble de réimprimer ses homélies après un tri effectué avec lui, retirant celles qui se répétaient et ajoutant celles qui manquaient dans le calendrier liturgique. Gabriel avait également demandé de compléter l’ouvrage par un index des noms cités et des thèmes. C’était le travail de l’été… L’annonce de sa mort nous stupéfie, sidère, désole, accable, consterne, attriste infiniment. Bien sûr, nous allons prendre contact avec sa famille afin de voir ce qu’elle souhaite que nous fassions.

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