Confineigement

Bravo, général Castex !

Dans la discussion sans fin sur l’opportunité, les vertus, l’évidence, la fatalité d’un re-re-re…confinement, votre alliance avec votre collègue, le général hiver, est un coup de maître. La neige, le gel, le froid, le verglas viennent à votre secours, juste après les crues et les inondations. Autant de raisons de rester chez soi. Vous avez inventé le « confineigement », bravo, alors que chacun s’inquiétait du comportement des familles libérées par les vacances scolaires. Votre maîtrise des éléments et de la météo inspire le respect et paraît rassurante au moment où le parlement discute de la loi « climat ».

L’excellent professeur Fontanet, légitimement reconnu, champion des tenants de l’ordre, au point de chercher « la courbe dans la courbe », en vient même au bout du compte à « espérer que nous échapperons » au châtiment suprême, même s’il compte un peu sur les « variants » pour venir à son secours. Qui vivra Veran, poutinien en diable dans sa séance télévisée de vaccination – mais en a-t-il l’âge et fréquente-t-il tous les jours des malades ? – admet avec une prudence toute politique : « Il n’est pas impossible que nous ne re-confinions pas. » Chic !

Les sacro-saintes courbes décidément peu coopératives déstabilisent les ronchons « académédiatiques » qui commencent à entrevoir non sans désespoir leur disparition à terme des plateaux de télévision dont les animateurs atteints de panurgie aiguë redoublent de virages sur l’aile instantanés. Ils auront au moins connu leur heure de gloire warholienne.

Un vent d’optimisme souffle pourtant depuis quelques jours. Les chiffres de la contamination semblent décroître et le mythique R0 décélère obstinément. On vaccine. La ministre de la culture ose même évoquer la possible ouverture des musées. Quelques étudiants retrouvent avec joie leurs amphis, il faut bien continuer à fabriquer les savants que le monde entier nous envie, séduit et nous enlève. Les écoles sont fermées pour trois semaines, on verra bien après. Jean-Michel Blanquer fait avec conscience de l’exercice dès qu’il peut. Sœur Andrée est guérie. Bingo !

Le printemps n’est pas si loin. Bientôt la nuit ne suffira plus à nous satisfaire, résignés, de l’heure du couvre-feu, et nous aurons des fourmis dans les jambes. Nous ne regarderons plus du même œil les terrasses fermées des restaurants. Les primevères pointent leurs nez dans les pelouses, les bourgeons se rient du virus et, dans un mois, la pêche ouvrira, peut-être ? Aurons-nous progressé dans le débat sur le respect des valeurs républicaines ? Beaucoup s’inquiètent de l’état de la démocratie, à l’aube d’une sérieuse séquence préélectorale, quand d’autres enfourchent la croisade de l’épurement moral. Les Victoires de la musique ont eu lieu à huis clos !

Fêterons-nous le 15 mars notre levée d’écrou, ou soufflerons-nous la première bougie d’un funeste anniversaire ?

Le pire n’est même pas certain.

Je vous embrousse très fort

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