#catastrophe
par Jean Brousse

La catastrophe économique menace

Les banques centrales déversent de la liquidité sur l’appareil productif comme des Canadairs sur les incendies de forêts. Les gouvernements puisent dans les réserves qu’ils n’ont pas devant des populations médusées de tant d’argent dont on leur disait depuis si longtemps qu’il n’existait pas. Trop tard. Les économistes sont confondus, milliards après milliards ! 2000 aux États Unis, 600 en France, 500 en Europe qui se réveille enfin. Quelle courbe ou quel modèle permettrait d’inventer « le monde d’après » ? Sommes-nous capables de recenser les excès d’hier, les fausses bonnes idées, les erreurs quand les conflits persistent dans le monde malgré toutes les exhortations, quand quelques aigrefins ourdissent plus que jamais de curieuses manœuvres boursières, quand le choc sanitaire fait surgir encore plus les inégalités ?

Dans les années 1980, la mode, en matière de management, était, entre autres, au « reengenering », ou comment rétablir la santé des entreprises ayant accumulé trop de « graisse » pendant les trente glorieuses. La « rationalisation des choix budgétaires » n’avait pas suffi. On parlait de ZBB, « Zero Base Budget », ou renverser la table et inventer des processus industriels à partir de rien, comme si tout était à construire.

Les peuples et leurs « dirigeants », ensemble ou pas, selon leur humeur, leurs convictions ou leur courage, sauront-ils renverser la table ? Ou se précipiteront-ils, heureux d’en être sortis et prompts à oublier l’épisode, à rafistoler, rustiner, boutdeficelliser les ruines que la crise sanitaire laissera ? Écouterons-nous les simples citoyens, les artisans, les artistes, les poètes, les patrons de PME ? Écouterons-nous les infirmières, les livreurs, les caissières, les routiers, les agriculteurs ? Écouterons-nous… les gens ? Tous ceux sans qui la machine serait vraiment grippée.

Il y va de la réalité de l’exercice démocratique. Le système n’est-il pas à ce point addict au pouvoir qu’il ne sache le partager ou le laisser filer ? D’autant que cette catastrophe, en réclamant à l’État les réponses qu’il n’a pas, lui redonne un semblant de légitimité. La tentation de la centralisation plane, et l’appétence à la verticalité ne demande qu’à se réveiller. Big Brother se lèche les babines. Le sevrage et la désintoxication, pour autant qu’on y songe, peuvent prendre beaucoup, beaucoup de temps.

Des manques cruels commencent à se faire sentir. On ne trouve plus d’antimite performant au moment où il convient de remiser ses pulls en cachemire pour passer un été au calme. Les cheveux poussent – on les entend même pousser – pendant les périodes de confinement. Heureux les chauves ! Les racines trahissent les élégantes, les couleurs se ternissent. Sauf bien sûr pour les ministres et les présentateurs de BFM. Autre urgence : le stock de catogans pour garçons commence à s’amoindrir. Le Président – peu confiné, mais qui le lui reprocherait – reste digne, lui, court sur les oreilles et dégagé sur la nuque. Miracle. Et puis, il a un masque FFP2.

Malgré la créativité et l’agilité des dealers, les marchés de la drogue et de la contrebande sont à la peine. Les ventes de tabac explosent. Enfin, et surtout :
Va-t-on sauver le football français ?
Va-t-on sauver le football mondial ?

Je vous embrousse.

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