#après
par Jean Brousse

On s’y remet

Quelle étrange impression laissera cet été imprécis, ce très long « pont » imprévu, entre l’annonce du déconfinement, mi-mai, et l’appel des vacances… Quand juillet se dessine et que le soleil pointe son nez… Drôle d’ambiance, marquée par une baisse sensible de l’âme ouvrière et combattante. Une forme de langueur industrielle se déploie et s’installe. Bon, 96% de reçus au bac et les aides inespérées sont prorogées. Mais le pays somnole.

Pas, ou peu, de touristes. Paris, Versailles, le mont Saint Michel semblent vides. La mère Poulard vend moins de galettes. Les gîtes ruraux sont pris d’assaut, et les maisons de familles de la campagne corrézienne font le plein. Pas de festivals, pas de concerts, pas de théâtre, pas de cousinades, pas de feux d’artifice ni de barbecues géants. Les boîtes sont fermées et les fêtes annulées. Certes, le foot repart, le Tour de France et Roland-Garros sont remis à septembre, histoire de prolonger de quelques jours cet étrange moment hors de la vie d’ « avant ».

L’impérieux besoin de vie fleure pourtant bon. Même si les plages résistent malgré elles aux gestes barrière et provoquent les ardeurs simultanées du méchant virus et du professeur Salomon. Même si les tendances écologiques et environnementales ont reçu les onctions municipale et présidentielle, même si le nouveau Premier ministre parle avec une pointe d’accent rocailleux du sud radsoc et rural. Les tentations conjoncturelles d’exode provincial fleurissent, puisque les expéditions estivales et martiennes de la Chine, des émirats et des USA ne promettent pas déjà des territoires aseptisés d’émigration.

Oublier, oublier les astreintes à résidence, les courses furtives, le jogging interdit, la distanciation physique, sociale, amicale ou amoureuse, les attestations de sorties, les soupçons des voisins, l’évitement permanent de l’ennemi invisible et invincible. Oublier les peurs. Même masquées, même masqués. La prochaine fashion week promet des surprises !

Oublier le gris à venir et la rentrée de tous les périls, le retour de la pandémie, les 700 000 jeunes en quête d’emploi et la menace de nombreuses défaillances d’entreprises.

Rien n’est pourtant vraiment cassé. Tour reste à inventer, comme ils disent. Puissent ces moments de reconstruction nous gonfler de vitamines et d’enthousiasme, comme les avants du TOP 14, qui repart enfin le 5 septembre.

Rentrons avec eux en mêlée avec la même force et la même envie.

Je vous embrousse très fort.

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