Aimer lire, quel calvaire : la preuve en 5 exemples

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C’est quotidiennement que l’on endure mille souffrances, mille supplices : aimer les livres, c’est douloureux. Mieux vaudrait ne pas apprendre à lire, ce serait moins pénible. Vous doutez ? Nous allons vous en convaincre.

1. D’abord, on n’a jamais le temps de lire tout ce que l’on a chez soi.

On en mettrait en plus dans sa bibliothèque si c’était possible, et l’on vivrait bien 100 ans de plus pour achever ses lectures. Mais la vie humaine est brève, hélas, et on ne lira jamais tous les livres, n’en déplaise à Mallarmé.

Chez les Japonais, on appelle cela l’art du Tsundoku, ou l’empilage de livres sans fin sorte de travers dérivé du comportement compulsif que l’écureuil peut avoir à stocker encore et encore. Et l’on fait rarement un nettoyage de printemps de ses livres, comme on peut le faire avec ses vêtements…

Corollaire : Vous avez le temps de relire ?

Corollaire bis : Et en se couchant, lequel ouvrir ? Et comment se fait-il que cette table de chevet semble crouler plus encore qu’hier sous les livres ?

 

2. Empêchez-moi d’entrer dans une librairie !

Le truc est simple : on prétexte une envie fugace de découvrir un lieu encore inconnu, et voilà qu’on se retrouve, petit panier en main, à piocher sur les tables : là une nouveauté, là un classique jamais lu, là une couverture qui nous cligne de l’œil…

L’attraction a quelque chose de magnétique, d’irrépressible : vous pensez vraiment qu’il est possible de résister ?

Corollaire : ne me laissez jamais seul avec une carte bleue.

Nuance : heureusement, je suis toujours fauché…

Corollaire bis : le problème, c’est que depuis que j’ai une liseuse, c’est telllllllement plus facile encore – avec l’avantage que je ne vois pas les livres qui s’empilent…

 

3. Eh me*de… j’ai encore raté mon arrêt de bus/métro/tram.

Le truc, c’est que j’étais au cœur de l’histoire : voilà des dizaines de pages que j’attendais la résolution de cette intrigue, j’approchais du nœud gordien, et… Et paf, l’arrêt. Je ne peux tout de même pas dire à mon boss que je suis de nouveau en retard parce que je lisais !

Corollaire : Et si je démissionnais ?

Dommage collatéral : Et comment j’achète de nouveaux livres sans argent ?

 

4. Faut pas me chauffer, je pars au quart de tour.

J’adore les gens qui font des voyages, mais je déteste les séances de photos sur l’ordinateur, avec les commentaires et les anecdotes. Les livres, c’est différent : on peut en parler, les partager, échanger des idées, des interprétations. Sauf que je ne sais pas m’arrêter : une lecture en entraîne une autre, et j’ai envie de recommander tout ce que j’ai lu, que je n’ai pas encore lu, et même ce que je ne lirai jamais…

Impératif : Mes amis ont vraiment une patience infinie…

5. J’ai toujours des cernes sous les yeux au réveil.

Je commence à bouquiner sur le canapé, je me retrouve dans mon lit, et finalement je repars dans la cuisine me faire un thé, avant de retourner sur le canapé, livre en main, je ne décroche pas. Impossible. L’heure avance, la nuit s’écoule, mais rien à faire, je ne peux pas lâcher, il reste une petite centaine de pages… Allez, encore un chapitre.

Ou deux.

Ou trois ?

Voyez que ma vie n’est pas simple…

 

Manuel Cacciatori, CC BY 2.0

 

Article paru sur Actualitté :
https://www.actualitte.com/article/zone-51/aimer-lire-quel-calvaire-la-preuve-en-5-exemples/70741

1 réponse
  1. LaureM
    LaureM dit :

    Merci pour cet article malicieux et un brin décalé, qui éclaire toutefois sur des éléments concrets que tous les amateurs de livres ressentent, à des degrés divers.
    Rien n’est simple certes, mais quel plaisir de se plonger dans une passionnante lecture, que de perspectives qui s’ouvrent à travers ces mots engloutis avec un appétit féroce !

    Répondre

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