#abécédaire 3
par Jacques Fabrizi

Petit abécédaire par temps de Covid-19 (fin)

 

Q
Quarante-neuf – trois (49-3)
Les anciens, quand ils récitaient l’alphabet, ne prononçaient jamais la lettre Q, la remplaçant par « lettre sale ». Le Premier ministre Édouard Philippe a annoncé, le samedi 29 février 2020, le recours à l’article 49-3 de la Constitution, en ce qui concerne la réforme des retraites. Dans son discours du 16 mars 2020, le Président de la République a annoncé la suspension des réformes en cours…

 

R
Reconnaissance
La crise sanitaire aura au moins permis de reconnaître le rôle essentiel de certains professionnels dans la lutte pour endiguer l’épidémie de coronavirus. En première ligne, les soignants qui assument leur mission, la peur au ventre, mais aussi certains « derniers de cordée » qui continuent, à leurs risques et périls et pour un maigre salaire, d’assurer les besoins élémentaires de la population, notamment les caissières de supermarchés, les manutentionnaires et les chauffeurs qui acheminent la nourriture, les salariés des réseaux d’énergie et de communication qui se rendent au travail chaque jour pour continuer de fournir lumière, chauffage ou moyens de communication et de transport, les policiers qui assurent leur service, souvent sans masques…

 

S
Solidarité
La société d’avant la pandémie de coronavirus avait engendré individualisme et égoïsme assimilés à des valeurs cardinales. La période difficile que nous traversons aura pour mérite de remettre au goût du jour les notions d’entraide, de fraternité et de solidarité qui avaient été quelque peu oubliées ou galvaudées. Un mal pour un bien.

Soignants
Mot générique en référence à celles et ceux — sans distinction hiérarchique — qui manifestaient, il n’y a pas encore si longtemps pour dénoncer la rigueur budgétaire, la dégradation des conditions de travail dans l’hôpital public, la réduction des lits hospitaliers et qui sont devenus, du jour au lendemain, des héroïnes et des héros ordinaires ovationnés chaque soir à 20 heures.

 

T
Téléconsultation
Présentée comme le remède universel au problème de la démographie médicale et des déserts médicaux, la téléconsultation a été décrétée comme la solution incontournable dans le contexte de l’épidémie de Covid19. De nombreux médecins s’opposent farouchement à ce mode de consultation mais se sont sentis obligés d’obtempérer pour conserver un lien avec leurs patients dans le besoin qui craignaient de venir au cabinet de peur de s’y faire contaminer. La multiplication du nombre de téléconsultations le mois écoulé ne devrait pas occulter le fait qu’il existe incontestablement des freins à ces techniques de communication. Que penser de la relation soignant-soigné par écrans interposés et, surtout, de l’examen clinique ? Qu’en est-il pour mes patients âgés, voire très âgés, qui ne disposent pas d’accès internet, de tablettes ou de smartphones ? Par ailleurs, ne faut-il pas craindre l’essor de la télémédecine de la part de certaines plateformes se saisissant du contexte épidémique et de la levée de toutes les contraintes (notamment celles d’avoir déclaré un médecin traitant et de faire partie de sa patientèle depuis au moins un an) en salariant des médecins qui ne tarderont pas à se trouver ubérisés ?

Test
Quand il s’avère positif, on redoute le pire. Quand il est négatif, on doute de sa fiabilité. Peut-être eût-il été néanmoins préférable de tester toutes les personnes symptomatiques dès le début de l’épidémie et de les isoler ? Faute de tests, cela n’a pas été possible. Ce qui était inenvisageable au départ et présenté comme étant sans intérêt le devient lors du déconfinement. Comprenne qui pourra…

 

V
Vaccin
Même ceux qui ne croient pas en Dieu prient pour que les chercheurs mettent au point un vaccin qui nous mettrait à l’abri de la maladie, de ses complications et du risque létal. Paradoxe ultime, quand il adviendra, certains n’en voudront peut-être pas.

 

Z
Zéro
Jusqu’à présent en Chine, selon les informations disponibles, le patient zéro demeure inconnu. En France, on pressentait encore il y a encore quelques jours que ce pouvait être un militaire, un agent secret ou une hôtesse de l’air. Or, un patient hospitalisé dans un service de réanimation d’un hôpital de Seine-Saint-Denis pour une pneumonie atypique, fin décembre 2019, aurait été testé a posteriori positif au Covid19. D’autres enquêtes épidémiologiques devraient être menées, mais pour l’instant le mystère du patient zéro reste entier.

3 réponses
  1. Martine ETIENNE BERTOZZI dit :

    Merci pour cet “abécédaire” qui résume bien ce que nous vivons…
    Je me permets d’ajouter “H” comme hydroxychloroquine ! le médicament du professeur “fou” enfin, pas si fou, il a désobéi en choisissant de sauver des vies et il a osé le dire…

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